sejour au Japon - le 16 Novembre 2008
le 16 Novembre 2008
Chers professeurs,
Il paraît que les japonais sont particulièrement forts pour travailler en détail, en petite échelle. Je suis d'accord, cela se manifeste déjà partout dans la vie.Politique, relation, langue, art, mode, commerce, musique... vraiment dans tous les domaines alors c'est ridicule d'énumérer comme ça. Et malheureusement, pendant que les détails préoccupent notre attentions, on se fait facilement avaler par des mouvements ou des manipulations de grande échelle .
Le mois dernier, quand j'ai discuté avec un élève de l'Université d'Art de Tokyo, on a parlé du système de nos évaluations de nos écoles. Ce qui m'a étonné, c'est que leurs professeurs ou le jury japonais ne demandent pas de références aux élèves. Les élèves avec qui j'ai discuté m'ont posé la question " C'est quoi les références? " " Mais tout ça, pour quoi faire? " Cela dit que dans le système d'éducation artistique du Japon, le jugement se fait quasi purement autour de l'objet et le questionnement ou la préoccupation de l'auteur, non pas dans l'échelle de l'histoire de l'art.Leur individualisation de discipline aussi m'a semblé étrange. C'est comme si le fait de voir le monde de l'art multidisciplinaire n'est pas considéré important, et que de garder chacun son propre univers, sa propre esthétique pour faire . Je trouve que ce mode de création est plus simple et peut-être on peut y voir les oeuvres plus naïves, mais il est à craindre que les artistes ne s'intéressent qu'au domaine dans lequel il est et les oeuvres deviennent leurs simple auto-satisfaction.
Pourtant je me pose des questions sur le jury français qui essaie de tout catégoriser et positionner, analyser et comprendre.Ils devraient savoir que ce qu'on ne comprend pas nous reste mystérieux. En plus à cause de ce genre de système, parfois un caca avec de belles argumentations passent , c'est le monde à l'envers. Jadis l'art a été de la magie, bijoux, quelque chose qui nous dépasse, mais après l'art est devenu les jeux intellectuels. Dans l'art contemporain, même si l'oeuvre nous captive avec sa magie, si elle n'est pas justifiée, ce n'est pas de l'art? C'est quoi maintenant le rôle de l'artiste? c'est le bon-parleur, non pas le métaphysicien? pas le lyrique? C'est ça le piège de vision globale. Revenons sur la petite échelle, l'important, c'est qu'on s'amuse bien de ce qu'on fait. Et de temps en temps on se permets d'entrouvrir la boîte de Pandore de l'histoire de l'art pour voir les bijoux que nos ancêtres ont laissés.
Quand on crée quelque chose, c'est pour montrer ce qu'il y a d'inexplicable dedans. Sinon, c'est plus simple d'utiliser les mots. A ce moment-là,ce n'est plus de l'art.
En conclusion, ma tête est si désordonnée...

Tateishi Aya

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